Écrit par Marion Rungette
Isabelle Grosmaitre: “Le capitalisme européen : un capitalisme qui conjugue liberté d’entreprendre et responsabilité collective.”
Dans le cadre du palmarès #NEWDEAL-Harvard Business Review France, nous donnons la parole au jury. Isabelle Grosmaitre nous apporte son regard sur le #capitalisme européen.
Vous avez participé au jury #NEWDEAL-Harvard Business Review France célébrant « les 10 talents français moteurs d’un capitalisme durable ». Qu’ont en commun ces lauréats ?
Ce qui unit ces lauréats, c’est la volonté de donner un nouveau visage au capitalisme, un capitalisme plus humain, plus responsable, plus durable. Ils ne cherchent pas à réparer un modèle qui s’essouffle : ils inventent le suivant.
Ce sont des pionniers. Ils ont le courage d’ouvrir la voie, de repenser la création de valeur, et de démontrer que performance et impact ne s’opposent pas, mais se renforcent lorsque l’entreprise devient un levier de progrès.
Quels sont les piliers du capitalisme européen ?
Comme me le rappelait récemment Ursula von der Leyen, Présidente de la Commission européenne, le capitalisme européen porte une vision singulière : une économie à la fois durable et inclusive.
Ce modèle repose sur une conviction forte : l’entreprise n’est pas seulement un acteur économique — elle est un acteur sociétal, un moteur de progrès.
Les piliers du capitalisme européen reposent sur :
– L’innovation comme moteur de transformation et d’influence.
– L’intégration des objectifs sociaux et environnementaux au cœur de la création de valeur et de la gouvernance.
– La coopération public–privé comme nouvelle norme pour transformer à l’échelle.
Le capitalisme européen incarne ainsi un modèle plus humaniste, capable de fédérer autour d’une vision où la performance est synonyme de valeur pour tous.
Selon vous, en quoi le capitalisme européen incarne une forme d’espoir dans ce nouvel ordre mondial ?
Dans un contexte géopolitique instable, la raison d’être de l’Europe est en jeu.
Nous avons grandi dans une Europe où la paix paraissait acquise, où coopération et prospérité faisaient partie du pacte fondateur.
Aujourd’hui, ces fondamentaux sont en jeu. Les tensions géopolitiques s’intensifient, les États-Unis redéfinissent les règles du commerce, la Chine accélère son modèle industriel global
Face à ces nouveaux défis, l’Europe doit se réveiller. Elle détient une carte unique : un capitalisme qui conjugue liberté d’entreprendre et responsabilité collective.
L’Europe a besoin d’encourager ce modèle de croissance : une croissance inclusive, fondée sur la justice climatique et sociale, et résolument compétitive. Une performance indissociable du progrès sociétal.
Pourriez-vous nous citer une initiative française ou européenne qui vous a marquée dernièrement?
Le mouvement One Health, réuni cette semaine son forum annuel sous l’égide du Président Emmanuel Macron.
Ce qui m’a particulièrement marquée, c’est la coopération entre entreprises (Mérieux, Sanofi, Veolia), institutions publiques et académiques (Institut Pasteur, ANSES, AFD) et société civile.
Ce mouvement est encore jeune, mais il est prometteur.
Rendez-vous le 7 avril en France, pour le Sommet présidentiel qui réunira les pays du monde entier afin de bâtir de nouvelles alliances pour une santé durable pour tous.