Banner 3370970 1280

Troisième voie européenne : un capitalisme souverain et durable

« Et si l’Europe inventait enfin son propre modèle de capitalisme ? Dans un monde de plus en plus polarisé entre l'ultra-libéralisme débridé et l'économie dirigiste et autoritaire, nous affirmons une conviction : une troisième voie européenne est non seulement possible et nécessaire, mais probablement le levier de notre propre puissance économique et de notre rayonnement international. »

Nos travaux sur la 3e voie européenne

20251204 Prix Newdeal 174

A l’occasion de la soirée #NEWDEAL « Vers une 3ème voie européenne », nous avons présenté le palmarès #NEWDEAL – Harvard Business Review France mettant en avant 10 talents français moteurs d’un capitalisme durable :

–  Jean-Philippe Bahuaut, CEO de The Future is neutral
–  David Cavaillolès, CEO d’Arianespace
–  Julien Chaverou, Président exécutif de Camif
–  Jean Hornain, Directeur général de Citeo
–  Fanny Picard, Présidente d’Alter Equity
–  Anaïs Voy-Gilis, Chief Strategist and CSR chez Humens
–  Ulrike Decoene, Directrice de la communication d’Axa Groupe
–  Dominique Carlac’h, Vice-Présidente d’ABGi France
–  André Hoffmann, Vice-président de Roche
–  Sylvain Kern, Co-Fondateur de la Cité de la Réussite

Nous avons tenu à mettre en lumière 10 personnalités qui incarnent cette vision d’une entreprise à la fois performante et soucieuse du bien commun.

Nos épisodes sur la 3e voie européenne

  • Image (2)

    Episode 1 - La 3e voie européenne vue par Cecile Beliot

    Pour Cecile Beliot-Zind, directrice générale du groupe Bel « un capitalisme spécifiquement européen est un capitalisme qui démontre que l'innovation, l'humain et la responsabilité sont au coeur de notre modèle de société et de notre modèle d’affaires. » C’est un capitalisme qui rapproche plutôt qu’il n’oppose, qui allie performance à court terme et vision à long terme. Il assume en transparence l’analyse de son impact et travaille chaque jour à son amélioration. Ce capitalisme vient redéfinir un nouveau pacte entre société civile, industrie et pouvoirs publics, au service du bien commun. Quelles sont ses limites ? ♾️ « Il n'y a pas de limites à ce capitalisme puisque, justement, il ne joue pas sur un terrain de jeu fini mais bien un terrain de jeu infini. » Selon Cécile Beliot-Zind, la définition du mot performance doit être repensée, non plus en termes de profit immédiat, mais en robustesse, résilience et impact positif sur les hommes et la planète. Et vous, que vous inspire l’idée d’un capitalisme spécifiquement européen ?

  • Image (3)

    Episode 2 - La 3e voie européenne vue par Jean Hornain

    Pour Jean Hornain, directeur général de Citeo « le progrès social est la condition du progrès économique ». Ce n’est pas une posture, mais une exigence. Un cadre qui pousse les entreprises à intégrer pleinement les enjeux humains et environnementaux dans leur performance. Jean Hornain voit la Responsabilité Élargie du Producteur (REP) comme l’une des preuves les plus concrètes de cette “patte européenne”. Dès 1992, avec la création de Citeo, les entreprises ont accepté de prendre en charge l’impact de leurs emballages : prévention, tri, recyclage, réduction…Une façon de dire qu'entreprendre, c’est aussi assumer ses impacts. Selon lui, c’est précisément ce type de mécanisme clair et partagé qui permet de concilier efficacité économique et impact positif. Il rappelle aussi que ce modèle ne peut fonctionner que si chacun reste à sa place : un État qui fixe les règles et contrôle, des entreprises qui innovent et pilotent. Trop d’interventions opérationnelles cassent la dynamique ; trop peu de contrôle fragilise la confiance. Pour Jean Hornain, l’équilibre est essentiel. Dans un contexte où les règles ne sont pas les mêmes pour tous, il le souligne sans détour : « Un hashtag#capitalisme responsable ne peut pas être naïf ». Une manière d’affirmer que la singularité européenne doit être protégée et consolidée pour continuer d’exister pleinement.

  • Image (4)

    Episode 3 - La 3e voie européenne vue par Anthony Attia

    Pour Anthony Attia, Membre du Comité exécutif d’Euronext, parler d’un hashtag #capitalisme européen, c’est d’abord se souvenir que ses racines sont profondément ancrées dans notre histoire : les Européens ont été parmi les premiers à structurer les échanges, à inventer des formes d’association et de financement qui ont permis au commerce de se déployer à grande échelle. Mais aujourd’hui, la véritable question est de savoir « comment l’Europe peut lui redonner corps et puissance ». Car derrière ce modèle historique, il y a deux grands équilibres : garantir la solidité de l’euro, pour qu’il reste une monnaie capable d’absorber les chocs économiques mondiaux, et assurer la convergence entre les économies du continent, afin que les plus fragiles ne soient pas laissées à l’écart de la croissance. Pourtant, l’Europe avance aujourd’hui dans un paradoxe : un capitalisme ou manquent les capitaux de long terme. Les entreprises innovantes y naissent, mais grandissent ailleurs. L’épargne est abondante, mais elle circule mal, fragmentée entre pays et peu orientée vers le long terme. Le constat est clair : notre capital s’échappe, non parce qu’il manque, mais parce qu’il n’est pas canalisé. Il reste bloqué dans les comptes bancaires ou fuit vers d’autres marchés plus profonds, là où les conditions d’investissement sont plus favorables. C’est précisément dans ce contexte qu’intervient le projet d’Union de l’épargne et de l’investissement (SIU), destiné à unifier et dynamiser les marchés de capitaux européens. Il ne s’agit pas seulement d’une harmonisation technique, mais d’un projet de souveraineté économique : faire circuler l’épargne là où elle peut créer de la valeur, stimuler l’innovation et renforcer la puissance collective de l’Europe. C’est aussi la mission qu’incarne Euronext, qui travaille à concentrer la liquidité européenne au service de la croissance, à relier l’épargne et l’investissement, et à créer des marchés capables d’accompagner les entreprises sur le long terme. Une ambition que résume Anthony Attia : « Un capitalisme européen qui assume le risque, récompense l’innovation et fait circuler son capital là où bat le cœur de son économie. »

  • Image (1)

    Episode 4 - La 3e voie européenne vue par Viviane de Beaufort

    Pour Viviane de Beaufort, professeure chercheur à l'ESSEC Business School sur le droit et l'égalité des genres, “l’Union européenne porte un projet de marché intérieur qui signifie liberté… mais aussi solidarité.” Ce hashtag #capitalisme spécifiquement européen, fondé sur une économie sociale de marché, est un modèle unique qui combine protection, concurrence loyale et valeurs démocratiques. Mais ce modèle est aujourd’hui sous tension. Viviane de Beaufort rappelle que « l’Union Européenne n’a pas vu le monde évoluer », ce qui révèle l’écart croissant entre les ambitions européennes et la vitesse à laquelle avancent les États-Unis et la Chine, tant sur le plan géopolitique qu’économique et technologique. Les crises récentes ont mis en lumière nos limites et l’urgence d’agir. La pandémie, la guerre en Ukraine et la montée des risques géopolitiques rappellent que l’ hashtag #Europe doit réagir vite. Les rapports Letta et Draghi alertent sur « un risque vital sur notre compétitivité, notre capacité d’innovation, notre croissance donc notre modèle économique et de société spécifique. » Pour Viviane de Beaufort, le message est clair : l’ hashtag #Europe doit faire des choix courageux, investir et simplifier intelligemment sans renoncer à ses valeurs. « Le “en même temps” semble obsolète : nous n’avons plus le temps. »