Écrit par Marion Rungette

Lucas Baurianne :<< Un leader doit être capable de prendre du recul, de comprendre des enjeux très différents, d’écouter des points de vue variés et de prendre des décisions avec discernement et responsabilité. >>

Lucas Baurianne est étudiant au sein du Programme Grande École de l’ESSEC Business School, où il se spécialise en finance de marché. Fondée en 1907, l’ESSEC est une institution académique reconnue pour son excellence et son approche humaniste, engagée dans la formation de leaders inclusifs, influents et multiculturels capables de répondre aux défis économiques, environnementaux, sociaux et géopolitiques contemporains. Passionné par les marchés financiers et soucieux de rendre cet univers plus accessible, Lucas est l’auteur des bandes dessinées THE GOLDEN BOY – SUMMER INTERNSHIP et THE GOLDEN BOY – GLOBAL MARKETS. Ces œuvres éducatives immersives proposent une découverte concrète de l’univers des salles de marché et de la banque d’investissement à travers une narration inspirée de situations réelles. Préfacées par des directeurs de programme de Columbia University, HEC Paris et de l’ESSEC, et développées avec la contribution de nombreux professionnels du trading, elles visent à démocratiser des concepts parfois perçus comme complexes.

Interview Lucas Baurianne 2

Lucas Baurianne est étudiant au sein du Programme Grande École de l’ESSEC Business School, où il se spécialise en finance de marché.

Fondée en 1907, l’ESSEC est une institution académique d’excellence qui s’est distinguée par son approche humaniste. Face aux défis économiques, environnementaux, sociaux et géopolitiques actuels et à venir, l’ESSEC s’est engagée à transformer activement son enseignement, sa recherche et ses campus pour former des leaders inclusifs, influents et multiculturels. Avec 8 534 étudiants en formation initiale et 5 000 participants en formation continue, répartis sur ses quatre campus (Cergy, La Défense, Rabat et Singapour), l’ESSEC propose des programmes reconnus parmi les meilleurs au monde. Son corps professoral d’exception, composé de 197 professeurs, dont 26 professeurs émérites, ses 240 partenariats avec des universités internationales prestigieuses et son réseau de 79 000 diplômés, témoignent de son engagement à perpétuer une tradition d’excellence et d’innovation académique.

Passionné par les marchés financiers et soucieux de rendre cet univers plus accessible, Lucas est l’auteur des bandes dessinées THE GOLDEN BOY – SUMMER INTERNSHIP et THE GOLDEN BOY – GLOBAL MARKETS. Ces œuvres éducatives immersives proposent une découverte concrète de l’univers des salles de marché et de la banque d’investissement à travers une narration inspirée de situations réelles. Préfacées par des directeurs de programme de Columbia University, HEC Paris et de l’ESSEC, et développées avec la contribution de nombreux professionnels du trading, elles visent à démocratiser des concepts parfois perçus comme complexes.

Les ouvrages abordent notamment les métiers du Global Markets, les produits dérivés, les stratégies de couverture ainsi que le fonctionnement d’une salle de marché à travers le regard d’Enzo, un jeune diplômé découvrant cet univers. Disponibles en français et en anglais, ces publications ont déjà été commandées par des institutions financières pour leurs clients, des professionnels du secteur ainsi que des étudiants, et ont été diffusées dans plus de dix pays à travers plusieurs continents.

Dans la continuité de ce parcours, Lucas a effectué un stage en Cross-Asset Structuring chez BNP Paribas Corporate and Institutional Banking et rejoindra prochainement Bank of America à Hong Kong pour une expérience en trading.

En quoi votre regard sur la banque d’investissement a évolué durant votre summer internship ? 

Ma réponse portera davantage sur mon off-cycle en cross-asset structuring au sein de la salle de marché de BNP Paribas CIB, puisque mon summer internship en trading chez Bank of America à Hong Kong débute dans un mois. 

Avant cette expérience, j’avais finalement une vision assez extérieure de la banque d’investissement, avec beaucoup d’a priori et de “on-dit” sur le milieu. Je pensais surtout à un environnement extrêmement dur, ultra compétitif et difficile d’accès techniquement. 

En arrivant sur le desk, j’ai rapidement compris que l’exigence était bien réelle, notamment parce que tout va très vite et que les produits restent particulièrement techniques. Je pense d’ailleurs que le moment le plus difficile est souvent le début du stage, car il faut apprendre très rapidement alors même que les équipes ont peu de temps à consacrer à la formation. Cela peut être assez impressionnant au départ. 

Mais justement, c’est aussi là que mon regard a évolué. J’ai découvert un environnement beaucoup plus formateur et collaboratif que ce que j’imaginais initialement. J’ai eu la chance d’avoir un mois de passation avec l’ancien stagiaire, ce qui m’a permis de monter progressivement en compétence, aussi bien sur les produits que sur la manière d’aborder les problématiques et les missions qui m’étaient allouées sur le desk. 

Avec le temps, j’ai gagné en confiance et en autonomie, jusqu’à pouvoir maîtriser techniquement les missions qui m’étaient confiées et être force de proposition, notamment à travers l’utilisation d’outils de programmation Python et de bibliothèques comme Streamlit. 

Cette expérience a donc surtout changé ma perception de la banque d’investissement sur un point : derrière l’image très exigeante du secteur, j’ai découvert un environnement où l’on peut énormément apprendre en peu de temps lorsqu’on est bien encadré, curieux et capable de s’adapter rapidement. 

Vous évoquez les élections américaines à travers notamment les rapports de recherche sur les stratégies d’investissement. Quel impact a la géopolitique ?  

Pour bien répondre à cette question, il faut déjà se demander : « à quoi sert une salle de marché ? ». Une salle de marché, c’est le cœur des activités de Global Markets au sein d’une banque d’investissement. Pour faire simple, c’est l’endroit où des solutions financières sont structurées par les structurers, proposées aux clients par les sales, puis où les risques associés à ces produits sont gérés par les traders. 

Et ces solutions ont pour objectif de répondre à des besoins clients, pas seulement en termes de rendement, mais aussi de gestion du risque face à certains événements, notamment géopolitiques. 

Ce que j’ai pu observer au travers de mes expériences professionnelles, c’est justement à quel point la géopolitique peut avoir un impact direct sur les marchés financiers et sur l’activité des équipes en Global Markets. En étant sur un desk, on se rend compte que certains événements ou périodes d’incertitude peuvent rapidement influencer la volatilité, les flux de marché ou encore les préoccupations des clients, qu’il s’agisse de fonds d’investissement, de grandes entreprises, de banques privées ou d’asset managers. 

Par exemple, certaines entreprises internationales peuvent avoir besoin de solutions de couverture spécifiques lorsqu’il existe des tensions commerciales ou des risques importants sur certaines zones géographiques. 

C’est aussi quelque chose que j’ai pu observer dans la manière dont les équipes suivent l’actualité au quotidien. Un trader va naturellement intégrer ce type d’événements dans sa gestion du risque et de ses positions, notamment parce que cela peut avoir un impact direct sur la volatilité des marchés. Et dans une autre mesure, cela concerne aussi les équipes de sales, qui doivent comprendre l’environnement géopolitique et macroéconomique afin de proposer des solutions pertinentes et adaptées aux problématiques clients. 

Donc suivre l’actualité n’est pas juste “un plus”, c’est une nécessité, parce que les marchés réagissent en temps réel au monde qui nous entoure. 

 

En quoi la diversité, sujet abordé dans votre bande dessinée, permet-elle de créer de la valeur ? En quoi est-elle précieuse pour une banque d’investissement ? 

Les sujets de diversité sont souvent questionnés par les étudiants. Une question que j’entends régulièrement est : « Pourquoi les banques d’investissement accordent-elles autant d’importance à ces enjeux alors que leur objectif reste avant tout économique ? » 

Cette réponse n’engage que moi mais je crois que la diversité crée justement de la valeur économique. Comme dans beaucoup de domaines, je pense qu’elle favorise l’innovation et surtout une pluralité de points de vue. On ne construit pas tous nos raisonnements de la même manière, et le fait de pouvoir challenger ses idées à travers différentes perspectives, cultures, sensibilités ou expériences permet souvent d’avoir des réflexions plus complètes et donc de prendre de meilleures décisions. 

C’est d’autant plus important en banque d’investissement, parce que les équipes travaillent avec des clients venant de pays, de cultures et d’environnements complètement différents. Comprendre ces différences peut devenir un vrai point fort dans la manière d’aborder certaines problématiques ou certains besoins clients. 

Par exemple, certaines banques proposent des produits de finance islamique, qui répondent à des contraintes culturelles et religieuses spécifiques. Avoir des équipes capables de comprendre ces enjeux permet d’être plus pertinent dans les solutions proposées. 

Donc pour moi, mettre en avant ces enjeux de diversité dans ma bande dessinée était clé. C’est, je pense, quelque chose qui peut améliorer la réflexion collective, la compréhension des clients et la capacité à être force de proposition dans un environnement aussi international et compétitif que la banque d’investissement. 

Que vous ont appris vos années à l’ESSEC ?  

Aujourd’hui, je pense que les entreprises ne recherchent plus uniquement des personnes “très fortes techniquement”. Elles recherchent surtout des profils complets, capables de s’adapter vite, de comprendre rapidement les enjeux, d’être proactifs et d’être force de proposition. Et honnêtement, c’est probablement ce que mes années à l’ESSEC m’ont le plus appris. 

Je pense que l’esprit entrepreneurial est l’une des choses les plus importantes que l’école m’a apportées, pas forcément au sens de “créer une entreprise”, mais plutôt dans la manière de réfléchir et de travailler. Beaucoup de qualités en découlent : l’autonomie, le fait d’essayer d’améliorer les choses plutôt que simplement exécuter ce qu’on nous demande, la curiosité, la réactivité ou encore la capacité à apprendre rapidement. 

Et je pense que cet état d’esprit devient de plus en plus important aujourd’hui, notamment avec l’évolution très rapide de l’intelligence artificielle. L’IA change énormément de choses, permet des gains de productivité importants et rend aussi l’accès à la connaissance beaucoup plus simple, même sur des sujets très techniques. Donc avoir uniquement des compétences académiques ne suffit plus forcément. Ce qui fait la différence, c’est surtout la capacité à être curieux, à comprendre les enjeux de son travail et à utiliser ces outils intelligemment pour proposer des solutions pertinentes ou optimiser certaines tâches. 

Je pense aussi que l’ESSEC m’a appris l’importance de se différencier et le fait que l’apprentissage ne s’arrête pas au master, mais continue tout au long de sa carrière. Le monde évolue trop vite pour pouvoir s’appuyer uniquement sur des connaissances acquises pendant ses études. Aujourd’hui, notamment en banque d’investissement, beaucoup de candidats ont des parcours ultra prestigieux mais finalement assez similaires : mêmes types d’études, mêmes stages, mêmes expériences dans de grandes institutions. Ajouter à cela un caractère plus singulier est, je pense, très important pour réussir à se démarquer, à travers des projets personnels, entrepreneuriaux ou simplement une manière différente d’aborder certains sujets. Cela permet aussi de montrer des soft skills directement utiles dans le métier. 

Donc au-delà des connaissances académiques, ce que l’ESSEC m’a surtout appris, c’est à développer un état d’esprit plus curieux, plus proactif et plus entrepreneurial. 

Une anecdote à partager sur votre parcours à l’ESSEC ?  

Ce que j’ai probablement le plus aimé pendant mes années à l’ESSEC, c’est l’environnement humain et l’émulation entre les étudiants. J’étais en cours avec des profils extrêmement différents : des ingénieurs, des pharmaciens, d’anciens sportifs professionnels, des étudiants internationaux… mais tous excellents dans leurs domaines respectifs. 

Et je pense que c’est justement cette diversité de profils qui crée quelque chose de très stimulant au quotidien. On échange énormément, on découvre des manières de penser complètement différentes et cela pousse naturellement à être plus ambitieux dans ses projets. 

Une chose qui m’a aussi marqué à l’ESSEC, c’est la liberté que l’école laisse aux étudiants pour construire leur parcours. On a beaucoup de temps pour développer des projets personnels, se spécialiser ou saisir des opportunités professionnelles et académiques. 

Par exemple, durant mon parcours, j’ai eu l’honneur d’être sélectionné pour le Master in Mathematics of Finance de Columbia University aux États-Unis, que j’ai malheureusement dû refuser faute de bourse. J’ai aussi eu l’opportunité d’être accepté chez Bank of America à Hong Kong pour un summer internship en Global Markets, que je commencerai prochainement. 

Et au-delà de ces expériences en elles-mêmes, ce que je retiens surtout, c’est que l’ESSEC est un environnement qui pousse vraiment les étudiants à voir grand et à tenter des choses qu’ils n’auraient peut-être pas imaginées auparavant. 

De quelle manière l’ESSEC vous a-t-il accompagné pour devenir, demain, un leader et prendre des décisions ?  

Dans le Programme Grande École, nous avons évidemment tous nos spécialisations, mais aussi beaucoup de cours en commun qui nous permettent de réfléchir à des problématiques très larges. On aborde des sujets sociétaux, économiques, financiers ou encore managériaux, avec toujours cette idée de comprendre comment les leaders de demain devront prendre des décisions dans un monde de plus en plus complexe (réchauffement climatique, intelligence artificielle, tensions géopolitiques, etc.). À l’instar des grandes universités américaines, nous faisons beaucoup de cas pratiques et nous sommes constamment confrontés aux opinions et aux manières de fonctionner des autres. Cela nous pousse à avoir une approche très critique et nuancée des choses. 

Ce que l’ESSEC m’a surtout appris, c’est qu’être à la tête d’une entreprise ou d’une équipe ne consiste pas seulement à être un “manager”. Aujourd’hui, un leader doit être capable de prendre du recul, de comprendre des enjeux très différents, d’écouter des points de vue variés et de prendre des décisions avec discernement et responsabilité. 

Je pense aussi que l’école nous pousse beaucoup à développer notre capacité d’adaptation et notre esprit critique. On travaille constamment avec des profils très différents, sur des projets variés, dans des environnements parfois très exigeants. Et cela apprend énormément sur la manière de collaborer, de communiquer et de prendre des décisions collectivement. 

Enfin, ce qui m’a marqué à l’ESSEC, c’est la volonté de former des profils capables d’avoir un impact positif, pas seulement des profils performants techniquement. On nous pousse à réfléchir au sens des décisions que l’on prend, à leurs conséquences et à la manière dont on peut créer de la valeur de manière durable.